L’artiste du mois : Annabelle Renzo

 

Dans le cadre de ses concerts « L’Espagne à la harpe » les 17 et 18 août prochains, nous avons décidé de poser quelques questions à Annabelle Renzo, harpiste professionnelle et fondatrice de Sérénité Sonore.

 
SS-Sonore-titrage-site-espagneharpe-24.png
 
panorama-427997_1280.jpg
_N6A9980-Modifier.jpg
alhambra-1285842_1280.jpg
 
 

Bonjour Annabelle! Ça va bien? Pas trop stressée pour tes concerts du week-end prochain?

Hey! Non, ça va! C’est comme jouer à la maison: ici, c’est un peu mon havre de paix. Tout le monde y est nu-pieds, même moi. Ne pas mettre mes souliers de concert m’enlève déjà un stress: ça change de l’habit traditionnel entièrement noir des musiciens.

 

Alors, tes concerts vont être sous le signe de l’Espagne. Pourquoi ce pays en particulier? Tu l’as déjà visité?

Oui, j’y suis allée quelques fois! J’ai fait plusieurs croisières, quelques fois en Méditerranée et une fois à travers l’océan, et on avait visité un peu le Portugal et l’Espagne. Mais j’ai surtout visité Barcelone alors, quand je pense à l’Espagne, c’est vraiment cette ville-là que je visualise. Malheureusement, je n’ai pas eu la chance de passer des soirées en Espagne puisque les bateaux de croisière repartent tôt pour naviguer en mer vers un autre pays… Mais j’y retournerai assurément!

 

À Sérénité Sonore, ce n’est pas tout le temps toi qui es en représentation. Tu ne joues que quelques fois par an. Comment est-ce que tu choisis les autres artistes qui vont s’y produire le restant de l’année?

Je les choisis d’abord pour me faire plaisir: j’aime mettre en avant des instruments rares. Dans ma vie, en tant qu’harpiste, j’ai toujours eu des commentaires de gens qui apprécient entendre des sonorités nouvelles. Et c’est ce que moi-même j’aime! D’ailleurs, dans la programmation 2018-2019, on va même avoir du thérémine, instrument excessivement rare, ou encore du nyckelharpa en novembre.

Je choisis aussi d’inviter des amis, des gens de mon réseau. Faire jouer la belle communauté des harpistes québécoises est aussi ma mission première. Sérénité Sonore devient un peu la maison de la harpe, étant donné que c’est justement une harpiste qui a créé cet endroit. La harpe sera donc souvent à la programmation, mais j’ai également des amis dans le milieu du jazz. Sinon, le mot commence à se passer donc je reçois des courriels de musiciens qui veulent jouer à Sérénité Sonore. On apprécie souvent ces petits lieux pour la proximité qu’ils offrent.

 

Qu’est-ce que tu préfères quand tu fais un concert intimiste dans ton loft?

Il y a un mot qui me vient tout de suite à l’esprit: « cocon ». Le cocon de la petite scène, rien que pour moi; le cocon que chaque personne peut s’offrir à elle-même; et le cocon plus général du lieu, qui crée une atmosphère intime. Le cocon est vraiment un espace douillet où on se sent bien et c’est ce que j’essaye de recréer ici: aux chaises-hamacs s’ajoutent par exemple une dimension visuelle avec les éclairages, des huiles essentielles que je diffuse bien avant que les spectateurs arrivent et un volume sonore adéquat. En fait, j’essaye vraiment de stimuler les cinq sens.

 

Est-ce que tu as un petit rituel avant de monter sur scène?

Il y en a assurément un que je fais avant chaque représentation: c’est un exercice de respiration que j’ai appris en Qi gong (gymnastique traditionnelle chinoise fondée sur la maîtrise de la respiration, ndlr) et qui m’aide à ralentir mon rythme cardiaque et à me relaxer juste avant mon entrée sur scène, quelques secondes plus tard. On accueille l’air neuf en inspirant puis on rejette le « vieil » air en expirant. J’ai aussi un autre petit rituel qui consiste à stimuler mon odorat avec de l’huile essentielle que j’applique juste sous mon nez: ça m’aide à me détendre.

 

Le mot de la fin?

J’ai choisi « L’Espagne à la harpe » parce que c’est une musique beaucoup plus rythmée que celle qu’on joue d’habitude à la harpe classique. C’est l’été, on a eu beaucoup de chaleur à Montréal donc je pense qu’une belle musique rythmée comme ça, c’est vraiment d’à-propos. On a donc un bel équilibre entre la sonorité de la harpe, douce et envoûtante, et le rythme espagnol qui la rehausse. J’ai aussi surtout la chance de jouer l’une des dates, le 17 août, avec Bertil Schulrabe, un percussionniste de musique du monde avec qui je ferai d’ailleurs une série de concerts cet automne qu’on a intitulés « Cordes suaves sur rythmes dansants ».

 

Voici un avant-goût du concert qui aura lieu les 17 et 18 août 2018 au loft Sérénité Sonore à Montréal. La harpiste montréalaise Annabelle Renzo nous interprétera des mélodies espagnoles du 12ème siècle à aujourd'hui à la harpe classique. Vous connaissez Sérénité Sonore, ce tout nouveau lieu de concert intime à Montréal?

 
Pauline Sorel1 Comment