La musique ou l’art de se soigner en se faisant du bien

 

De plus en plus de milieux de santé, notamment au Québec, mettent en avant les arts pour soulager les patients atteints de pathologies plus ou moins graves.

 
 
 

Les bienfaits de la musique sur le corps humain ont été remarqués et étudiés depuis l’Antiquité. Cependant, le siècle dernier nous offre déjà matière à un bel exemple: lors des guerres mondiales, les soldats qui revenaient du front souffraient de stress post-traumatique et l’on embauchait des musiciens dans les hôpitaux pour leur jouer de la musique et leur changer les idées. Les médecins et les infirmières se sont alors rendu compte que la musique avait des répercussions à la fois sur les soldats et sur leur état de stress post-traumatique.

Mais pourquoi utiliser la musique? Et bien tout simplement parce que c’est un phénomène complexe absolument extraordinaire: elle est l’une des rares choses sur Terre qui fait appel aux deux hémisphères du cerveau en même temps. L’hémisphère gauche s’occupe de ce qui est logique et séquentiel; le droit gère émotion et intuition. La musique est composée de plusieurs éléments concrets (la mélodie, le rythme, les mots, l’harmonie, le tempo, la dynamique et la forme) ainsi que d’éléments que l’on retrouve à des niveaux plus profonds (les souvenirs, les émotions, le type de participation (active ou passive) et le caractère familier ou non du morceau). Imaginez donc toutes les parties du cerveau, grandes ou petites, qui sont en action lorsque vous écoutez de la musique! Incroyable, non?

Dans un contexte de soins, la musique devient donc un moyen privilégié et doux de faire du bien au patient. Elle peut soulager ses symptômes ou le faire s’évader le temps de quelques morceaux, loin de la douleur. C’est par exemple ce qui ressort de l’étude menée par Mehdi Azri et Florence Vinit, membres du département de psychologie de l’UQAM à Montréal, et Annabelle Renzo, harpiste professionnelle, sur la musique jouée au chevet de patients en soins palliatifs. Ces derniers ont évoqué les notions de “douceur” et “d’apaisement” et certains sont même allés jusqu’à parler de “plumes qui caressent” et d’un “baume pour le cœur”. Les séances de harpe leur ont permis de s’évader dans un “ailleurs”, de faire un voyage “intrasubjectif”. Le temps était comme suspendu pour les patients et, l’espace d’un moment musical, ils ont pu oublier le contexte hospitalier dans lequel ils se trouvaient. Parfois, la musique permet même d’enclencher le processus de guérison ou en tout cas d’y contribuer. Par exemple, si l’on prend le cas d’un patient en rééducation, le rétablissement des fonctions motrices peut être facilité par le tempo d’une musique et celui du langage grâce à une chanson que le patient connaît et qu’il se trouve étonnamment capable de chanter.

Les bienfaits de la musique en médecine n’ont pas fini d’intriguer les spécialistes: plus les chercheurs apprennent et découvrent de nouvelles informations sur le fonctionnement du cerveau, plus les neurosciences accordent de l’importance à la musique et légitiment son usage dans un contexte médical.

Si l’un de vos proches se retrouve à l’hôpital, pensez à demander un musicien! Qui sait si Chopin ne peut pas apaiser ses blessures?

 

Sources:

- Accompagner par la harpe en soins palliatifs: Exploration préliminaire d’une pratique en émergence | Pluriâges – Vol. 6, N°1 – automne 2015, p 42
- Why I want to change the world with music therapy | Erin Seibert
- Between music and medicine | Robert Gupta
- Music is medicine, music is sanity | Robert Gupta
- Polyconcert
- Association québécoise de musicothérapie
 
 
 
Annabelle RenzoComment